Fleurir en liturgie

« L’homme a grâce d’état pour convoquer les fleurs ensemble, pour les composer ensemble car l’homme est humblement roi, c’est-à-dire, jongleur au milieu des couleurs et des formes, comme il l’est au milieu des sons et des mots. »

Saint François d’Assise

 

Tous les arts en liturgie (sculpture, vitraux, chants, musique …), voués à élever les esprits vers Dieu, contribuent à la beauté d’une célébration. Ils aident l’assemblée à rencontrer le Seigneur. Le fleurissement liturgique, quant à lui, fait tout particulièrement entrer la Création dans la liturgie.

Dieu agit en premier. Il est notre Créateur. Il a créé la nature et l’homme à son image. La composition florale nous rappelle l’alliance de Dieu avec les hommes, ainsi que le mystère pascal et la résurrection du Christ. Elle sera donc réalisée avec des fleurs fraîches, vivantes.

Cette composition florale permet de transformer la nature pour qu’elle devienne louange au Créateur. Ainsi elle monte vers Dieu pour exprimer cette action de grâce. Elle se tourne également vers l’assemblée pour l’associer à cette louange à Dieu qui vient lui-même à notre rencontre. Par conséquent, sa structure est en trois dimensions hauteur, largeur, profondeur.

 

Le fleurissement liturgique repose sur trois principes de base :

  • L’émerveillement : il s’agit de se mettre en capacité de regarder, observer la nature et admirer l’œuvre du Seigneur, se laisser envahir par sa beauté.
  • Le choix : il est nécessaire de choisir avec soin feuillages et fleurs. Il convient d’être attentif à ne pas couper plus de végétaux qu’il n’en faut par respect pour la nature et son Créateur. En tout cas, un fleurissement gagnera toujours à être plutôt dans la sobriété que dans la démesure.
  • L’harmonie : enfin, cette composition doit être en accord avec le lieu, l’espace dont elle dispose, la saison, mais aussi le temps liturgique et la Parole du jour que l’on méditera avant de fleurir. Le contenant doit être adapté au style du bouquet, à la taille des végétaux, afin d’obtenir un ensemble équilibré

 

La composition florale se réalise en trois étapes :

  • L’enracinement : la composition part du sol, de la terre. Dieu vient nous aimer au plus profond de nous-mêmes. Le contenant pourra être un vase, mais aussi une base composée de plusieurs pierres, d’une souche…
  • Le feuillage : La nature offre une grande variété de végétaux et de contrastes. En fonction de son sens de pousse, de sa courbe naturelle, le feuillage donnera sa structure, les directions, les lignes de force à la composition. Ainsi, par exemple, des lignes verticales évoqueront plutôt l’élévation, l’élan vers Dieu, l’action de grâce.
  • Les fleurs : les fleurs avec toutes leurs nuances de tons apportent la couleur, souvent choisie en fonction de celle du temps liturgique (par ex. jaune et blanc pour Pâques). Elles suggèrent la floraison, l’Amour éternel que Dieu nous porte.

Fleurir en liturgie est une expérience spirituelle qui développe un vrai regard sur la nature. Une nature que Dieu nous donne, que l’on contemple, souhaitant la lui offrir en retour, en remerciement. Le fleurissement contribue ainsi humblement à la beauté de liturgie.

Après une méditation sur la Parole pour en extraire l’essentiel, la composition florale n’expliquera rien pour autant. Elle n’imposera rien. Elle viendra simplement souligner, suggérer, tenter de conduire du visible à l’invisible. Comme les fleurs qui sont silencieuses, elle laissera la Parole au Créateur.


La commission « Fleurir en liturgie » du diocèse de Lyon est au service des paroisses.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les propositions faites par cette commission cette année sur le diocèse, n’hésitez pas à prendre contact avec nous.
liturgie@lyon.catholique.fr / 04 78 81 48 12